Charles-Noel Martin
Francois Riviere
Aime Michel I
Aime Michel II
Aime Michel III
Charles-Noel Martin
Francois Richaudeau
Robert Amadou
Claude Thomas
JACQUES BERGIER, L'HOMME D'UN AUTRE SIECLE... A VENIR !:

Il y a seize ans, jour pour jour, Europe 1 lançait une émission: "le Relais de l'Amitié". Tony Varga parla dix minutes de celui qu'il désignait comme son meilleur ami: Robert Ganzo. Le lendemain, Robert Ganzo dit pourquoi il avait choisi de parler de Louis Pauwels comme de son meilleur ami. Pauwels parla de Jacques Bergier. Bergier fit son émission sur moi, et je désignai moi-même Aimé Michel. La chaîne continua ainsi. La mort vient d'en rompre un maillon.
Homme de science, je tiens à parler de Jacques Bergier aussi comme homme de science, tel que je l'ai fréquenté presque quotidiennement de 1952 à 1963. Et ce sera pour exprimer le sentiment sous-jacent qui m'a toujours animé à l'écouter et discuter avec lui: l'indignation. L'indignation devant le gâchis. Car Jacques Bergier est l'exemple le plus criant de ce qu'il faut reprocher à notre époque en général et à notre société en particulier: celui du gâchis par incompréhension, par mesquinerie, par conformisme, par académisme étroit et sectaire. Le génie -car il en avait -de cet homme exceptionnel, son immense culture, sa mémoire fabuleuse et, surtout, sa rarissime faculté de synthèse faisaient de lui une richesse scientifique potentielle incalculable. Une chance pour la science comme il en passe fort peu: deux ou trois par siècle, peut-être. Bergier avait tout lu, dans les dix ou douze langues qu'il connaissait. Il absorbait tout ce qui paraissait, retenait tout et le restituait tel quel, vingt ans après. Il comprenait tout « sauf une certaine équation de la Relativité Généralisée », m'avoua-t-il un jour. Mais ce n'était pas là qu'une simple caractéristique d'ordinateur électronique: de tout cela il faisait ce que l'on attend de l'homme de science créateur, du chercheur à l'état pur, entendons des rapprochements, flashes continuels d'intuition rare. Il était à l'opposé du portrait-robot que l'on a maintenant du chercheur, qui ne connaît et ne veut connaître que sa spécialité -pire, un secteur de sa spécialité -et qui passe sa vie à ignorer que son voisin, dans l'institut de l'autre côté de la rue, travaille justement sur ce qu'il lui aurait fallu pour résoudre son problème! Une société intelligente et organisée aurait offert à Jacques Bergier un poste à vie de directeur de recherches, son travail consistant à venir une heure par jour dire tout ce qui lui passait par la tête devant autant de spécialistes que de secteurs clés. Il distillait les idées comme la reine des abeilles pond les œufs: par milliers, à jet continu et sans repos.
Ce « je sème à tout vent », il l'avait en lui, inné, au point de le pratiquer matériellement; il trimbalait un vieux cartable bourré de livres -des trésors souvent -qu'il avait trouvés et achetés la veille, lus la nuit et qu'il donnait le lendemain aux uns et aux autres, selon leur spécialité, avec autant d'idées de calcul, de recherche, de sujet de thèse, de nouvelle, de roman, de synopsis de film ou d'émission. L'écouter était un enrichissement continuel, inépuisable. On se sentait plus instruit, plus intelligent, quand il disparaissait aussi rapidement qu'il était arrivé… pour recommencer chez quelqu'un d'autre. « L'homme de génie est celui qui m'en donne », a dit un jour, je crois, Paul Valéry. Et puis, il magnifiait la réalité. Quand il racontait une histoire vécue, une lecture, ou lorsqu'il faisait une citation, elles étaient plus belles que l'original. Ce côté enrichissant des mots, des idées et des gens suivait Bergier comme son aura.
Maintenant, qu'on ne vienne pas me dire que Bergier n'était pas un vrai scientifique alors qu'il en avait justement la pure mentalité, idéale, celle qui manque tellement à nos chercheurs, générosité, désintéressement, compréhension et humanité y compris. On a voulu le faire passer pour le champion des fausses sciences, du soucoupisme, des phénomènes psi et de la science-fiction érigée en système d'absurdités. Autant de contrevérités: il était opposant des soucoupes volantes dès 1952 et ne varia jamais; idem pour le reste. Toute la hargne du système universitaire qui poursuivit Bergier est venue de ce qu'il se projetait constamment dans le futur; il y vivait. Or, le futur c'est encore l'inconnu, et l'inconnu n'est pas compris. On ne le comprit donc pas, du moins là où il aurait apporté le plus.
Hors du temps, il était un homme d'un autre siècle encore à venir. Et il n'était pas optimiste -trop lucide et sensible pour cela- sur les perspectives de la civilisation. Je me rappelle comme si c'était hier -il y a pourtant vingt-quatre ans- lorsque nous discutions de mes calculs et des termes de ma communication d'avertissement à l'Académie des sciences sur les effets néfastes à attendre à long terme des explosions thermonucléaires dans l'atmosphère terrestre; il avait eu cette formule -une parmi des milliers d'autres qui rempliraient un livre- formule terrible qui résume si bien ce que nous vivons: « On a dit que les civilisations sont "mortelles par manque d'âme", mais ce n'est pas "d'âme" qu'elles manquent: c'est de cœur. »

Charles-Noël Martin, physicien, revue "Question de" n° 28 - janvier/février 1979.

"La science se développe comme une sphère: au fur et à mesure que le rayon des connaissances augmente, la surface de sa sphère au contact de l'Inconnu s'étend de plus en plus vite" - Jacques Bergier

(Charles-Noël Martin est un physicien nucléaire, membre du CNRS à ses débuts, né en 1923 et vulgarisateur scientifique mondialement connu. Passionné par Jules Verne, il est l'auteur d'un copieux ouvrage: "La Vie et l'œuvre de Jules Verne" - 1978 - éd. Michel de l'Ormeraie, et d'une thèse de doctorat en 1980: "Recherches sur la nature, les origines et le traitement de la science dans l’œuvre de Jules Verne". Parfois traducteur, il a aussi rédigé de très nombreux articles scientifiques (dans "Sciences et Avenir" notamment) et plusieurs ouvrages sur les particules élémentaires ou les satellites artificiels; une importante bibliographie avec des commentaires sur l'œuvre mathématique et humaniste d'Albert Einstein lui est aussi due, ainsi qu' un ouvrage de philosophie intitulé "L'Homme Galactique: introduction à la philosophie du troisième millénaire" mondialement traduit. Il est à l'origine de la diffusion en France des travaux effectués aux USA sur la présence de la vie fossile dans les météorites durant les années 60', qu'il a exposés pour le grand public dans la presse, la radio, la télévision, des livres, etc...
Il fut en outre l'auteur d'une retentissante communication "Sur les effets cumulatifs provoqués par les expériences nucléaires à la surface du globe" à l'Académie des Sciences de Paris, présentée par le grand physicien Louis de Broglie en Novembre 1954 (Bergier participa pour partie à son élaboration).
http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?full=Charles-Noel+Martin&action=ft&x=10&y=6

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III
Charles Fort.
Havelock Ellis, fondateur de la Fortean Society en 1931 avec TiffanyThayer (secrétaire) et T.Dreiser
Théodore Dreiser, son rédacteur en chef du "Brodway Magazine", popularisa son oeuvre dès 1932.
... D'AUTRES OUVRAGES DE CHARLES FORT SUR LE SITE JACQUES BERGIER DE CLAUDE THOMAS !
Alphonse Lenormand
01 Janvier 2008